Retour sur le 17 juin 2015

Dans le cadre de la campagne de déploiement et de syndicalisation décidée par la Cgt et son Ugict, le 17 juin s’est tenue sur le parvis de la Défense une grande initiative de déploiement en direction des Ingénieurs, Cadres et Techniciens.

Ce rassemblement revendicatif et festif a rassemblé près de 1 300 visiteurs et syndiqués dans un très vaste espace ouvert comprenant une scène et une vingtaine de stands animés par l’ensemble des organisations de la Cgt : Assistance juridique; Droits des stagiaires et apprentis avec l’UNEF ; Réussir son entretien d’évaluation ; Droit à la déconnexion et temps de travail ; Retraites ; Salaire; Égalité́ femme/homme.

L’UGICT a réussi à mobiliser les ICT pour démontrer la nécessité d’investir dans l’emploi qualifié pour renouer avec le progrès et sortir de la crise, accroitre le rapport de forces pour sortir du partage de la pénurie.

Cette journée a permis de créer une identification des ICT à la CGT, montrer la CGT comme la référence syndicale des ingénieurs, cadres et techniciens.

Elle a également contribué à mettre en dynamique notre organisation sur la nécessité de l’activité et de la structuration spécifique ICT, donner des outils aux syndicats et syndiqués.

Des diffusions massives vers les salariés de la Défense ont eu lieu le matin, sur le temps du déjeuner (20 000 tracts).

L’Ugict-CGT et l’UNEF qui était présente ont épinglés le non-respect des droits des stagiaires : enquête réalisée auprès des étudiants de Paris X Nanterre sur le respect de leurs droits pendant les stages ; liste noire des entreprises de La Défense qui ne respectent pas les droits des stagiaires ; Happening sur les stages – Stop au dumping social

Une table ronde sur l’éthique professionnelle et liberté́ d’expression, un levier pour reprendre le pouvoir face à la finance ? a réuni Edwy PLENEL, journaliste à Médiapart ; Stéphanie GIBAUD, lanceuse d’alerte d’UBS ; Ida DE CHAVIGNAC, lanceuse d’alerte Crédit Agricole ; Slavica UZELAC, membre du Bureau Exécutif d’Eurocadres ; Jean-Noël SAUSSOL, cadre au Ministère du Développement Durable et Sophie BINET, Secrétaire Générale Adjointe de l’Ugict-CGT. Le projet de directive européenne destinée à protéger le « secret des affaires » en passe d’aboutir, contre lequel se sont mobilisés tous les syndicats français, de nombreuses associations et des journalistes, a été l’un des principaux axes des débats. La pétition européenne lancée par la journaliste Elise Lucet contre cette directive a recueilli près de 300.000 signatures, il est urgent de la signer :

Deux sondages « Opinions et attentes des cadres et des professions techniciennes au travail » ont été présentés. Ces baromètres confirment la dégradation de la situation des cadres comme celle des technicien-nes. Tous les voyants sont au rouge :
• en matière de salaire : 56 % des cadres (et 60 % des femmes cadres) et 69 % des techs considèrent que leur salaire est en inadéquation avec leur implication,
• en matière de temps de travail : 65 % des cadres et 63 % des techs considèrent que leur charge de travail augmente, 56 % des cadres travaillent pendant leurs jours de repos, 41 % des techs n’ont ni paiement, ni récupération de leurs heures supplémentaires,
• en matière d’éthique professionnelle et de qualité de vie au travail : 55 % des cadres et 71 % des techs disent que les choix et pratiques de leur entreprise entrent régulièrement en contradiction avec leur éthique professionnelle, 73 % des cadres ne se sentent pas associés aux choix stratégiques, 50 % des cadres et techs estiment que le management se détériore,
• En matière de perspectives d’avenir : 72 % des cadres pensent que leur situation professionnelle va stagner ou se dégrader.

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Au lieu de tirer vers le bas les droits et qualifications avec une politique « low cost » qui nous enferme dans la crise, le patronat et le gouvernement doivent répondre au malaise profond vécu par les salariés qualifiés à responsabilité. Pour renouer avec le progrès, il faut miser sur l’emploi qualifié.
Un statut et des garanties collectives pour le salaire, le temps de travail, la protection sociale et l’éthique professionnelle.

Alors que le patronat a pour objectif de supprimer le statut cadre en fusionnant l’AGIRC et l’ARRCO, la CGT et son UGICT réaffirment la nécessité de conforter les régimes de retraites complémentaires en adoptant des mesures de financement à la hauteur.

Au-delà, les salariés qualifiés à responsabilité ont besoin d’un statut de l’encadrement qui garantisse :
• La reconnaissance et le paiement de la qualification à l’embauche et lors des mobilités professionnelles. La loi du 22 juillet 2013 doit s’appliquer au plus vite et le doctorat doit être reconnu dans les conventions collectives et dans les statuts.
• L’égalité femmes/hommes.
• Des déroulements de carrière qui reconnaissent la technicité et l’expertise.
• Une réduction effective du temps de travail. Il convient notamment de mettre en 
place un droit à la déconnexion et d’encadrer les forfaits-jours pour que la France 
se mette en conformité avec la réglementation internationale.
• Un droit de refus et d’alternative, incluant un statut pour les lanceurs d’alerte et permettant à l’encadrement d’être professionnellement engagé et socialement 
responsable.
• Agir d’urgence pour les jeunes diplômés : Pénaliser les entreprises qui abusent des contrats courts (à l’inverse du plan annoncé par le premier ministre pour les PME !), mettre en place un plan de titularisation dans la fonction publique et notamment dans la recherche. 
Empêcher le dumping en renforçant la règlementation des stages et en revalorisant le salaire des apprentis avec prise en compte de leur qualification.
• lancer, comme le propose la Confédération Européenne des Syndicats, un plan d’investissement à l’échelle européenne dans les secteurs d’avenir.

Des témoignages de terrain : celle de Bernard Demarq du Printemps sur l’intervention du syndicat dans le cadre de la revente de l’enseigne pour dénoncer une situation scandaleuse mais aussi celles de salarié-e-s de chez EDF, Euronext, Altran, RATP, La Poste, Mc Donald, Radio France,… ainsi que des témoignages d’intermittent-e-s du spectacle, cheminot-e-s. nous ont permis de prendre le pouls des luttes et des victoires.

La deuxième table ronde – Quelles alternatives au low cost et au dumping sur les droits et les qualifications ? A réuni Boris KARTHAUS, IG Metall ; Daniel SOMMER, P.DG de Speed Rabbit Pizza ; Valérie GONCALVES, négociatrice CGT sur les forfait-jours dans la branche des industries électriques et gazières ; Damien Groiselle de l’AP-HP. William MARTINET, président de l’UNEF et Sylviane LEJEUNE, secrétaire nationale de l’Ugict-CGT

Le low cost se traduit par une casse sociale sans précédent et nous interdit d’ouvrir les voies de sortie de crise. En plein conflit de l’AP-HP, Damien Groiselle a expliqué comment les hôpitaux sombrent dans l’obsession de la réduction des coûts au détriment du patient. Les directions rognent sur tous les postes, y compris le recrutement des médecins (au rabais), s’en prend aux RTT augmentant d’autant la charge d’un travail qui « tend vers le bénévolat ».

Enfin un concert de jazz a conclu cette formidable journée ! Une première et une belle réussite pour l’Ugict CGT.

 

 

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